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Opinion

4B ou l'abstinence

Martina Chyba, Journaliste et chroniqueuse - sam. 01/02/2025 - 10:45
A cœur joie, la chronique de Martina Chyba.
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© Jay Louvion/RTS

Vous avez peut-être fait janvier sans alcool, sans viande, sans gluten, sans sucre, sans portable (ça, j’y crois pas). Eh bien, sachez qu’il existe désormais le janvier… sans hommes. Enfin, quand je dis janvier, ça peut être plus long; cela s’appelle boy sober et il s’agit, oui, de faire un jeûne particulier: ne plus consommer de mecs. En partant du principe que comme les humains de sexe mâle nous ont un petit peu fatiguées durant ces trois derniers millions d’années (comme on n’a toujours pas le chaînon manquant, je compte depuis Lucy, il faut bien commencer quelque part), on s’en passe pendant quelque temps, ça nous fait des vacances.

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OK les 4B, mais les hommes, on en fait quoi?”

Martina Chyba

En Corée du Sud, le mouvement s’appelle 4B et prône une vie sans hommes, pour éviter les discriminations et les violences sexistes. L’abréviation 4B provient de quatre mots qui commencent tous par «bi», qui signifie «non» en coréen. Donc non à la recherche d’un partenaire (stop aux rendez-vous romantiques), non aux relations hétérosexuelles, non au mariage et non au devoir reproductif. Pour protester contre l’élection de Donald Trump aux États-Unis, certaines Américaines appliquent elles aussi la règle des 4B. Moi qui suis Suissesse et donc forcément pragmatique, je pose une question: ok les 4B, mais les hommes, on en fait quoi? On les bute? On les envoie tous sur Mars avec Elon Musk? Ou, en bonnes managers et ménagères helvétiques, on les met au compost? Et pardon hein, mais j’ai une autre question très pratique: on couche avec qui? Si on n’a pas envie de faire l’amour avec des femmes et qu’on aime faire l’amour quand même? On se met en couple avec son sex-toy en fait, yaay.

Bref, allons-y, créons ce peuple mythologique d’Amazones guerrières qui, selon certains récits, estropiaient les enfants mâles dès leur naissance, leur coupant bras et jambes pour les rendre inaptes au service militaire. Et dans trois millions d’années, il risque d’y avoir un petit retour de bâton sous forme de girl sober. Nous avons des fils, des pères, des frères, des amis, des collègues. Des maris, des amants, des compagnons. Il doit bien y avoir une autre solution. Non, pas un con promis, mais un compromis. À trouver sur l’oreiller?

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