La magie féerique des glaciers de Patagonie | generations-plus.ch

La magie féerique des glaciers de Patagonie

photo: © iStock / kavram / gcoles

Les glaciers de cette région du monde, Perito Moreno en tête, façonnent des panoramas spectaculaires.    

Avec ses crêtes qui oscillent entre le bleu et le blanc ainsi que l’eau émeraude qui le baigne, le Perito Moreno, le plus connu des glaciers de Patagonie, incarne la nature à l’état pur. «Les glaciers de Patagonie sont entourés de l’un des environnements les plus intacts de la planète, composé de forêts millénaires et d’une grande biodiversité, insiste le Chilien Sebastián Vivero, doctorant à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre de l’Université de Lausanne. C’est le cas du Perito Moreno, qui doit également sa renommée à son accessibilité et à la présence de l’aéroport d’El Calafate, non loin, mais aussi des glaciers qui se situent dans le Parc national de Torres del Paine, comme Gray ou Dickson, qui font face à d’énormes lacs glaciaires.»

 

Si l’on fait exception de l’Antarctique, les glaciers de Patagonie sont les plus imposants de l’hémisphère sud. « Ces glaciers, comme tous ceux qui existent sur notre planète, sont les vestiges de la dernière ère glaciaire, qui a atteint son paroxysme il y a environ 12 000 ans, couvrant une grande partie de la Terre de glace, poursuit le spécialiste chilien. Depuis, les glaciers ont réduit. Cependant, comme cette région est constamment confrontée à l’humidité de l’océan Pacifique, leurs parties supérieures sont constamment alimentées. A titre d’exemple, il faut savoir qu’il y a dix fois plus de précipitations dans cette zone que dans les Alpes!»

Une région tempérée, donc exposée

Est-ce à dire qu’ils ne craignent pas les coups de chaud ? Loin s’en faut. Ils sont imposants, mais restent très fragiles. A chaque fois qu’un pan du Perito Moreno se sépare dans un grand fracas de la paroi de glace — près de 5000 mètres de front et une hauteur de quelque 170 mètres, dont une septantaine de mètres émergés — et est englouti par les flots, on se rend compte de cette ambivalence. Bien que d’une superficie totale de 250 kilomètres carrés, le Perito Moreno, à l’instar des autres glaciers, reste un géant aux pieds d’argile. S’il résiste sans trop de mal aux assauts des touristes qui lui marchent dessus, crampons aux pieds, lors de petits treks, il courbe de plus en plus l’échine sous les assauts du réchauffement climatique. «Les petits glaciers disparaissent déjà dans de nombreux endroits, alors que ceux de taille moyenne à grande sont en retrait, explique Sebastián Vivero. Comme les glaciers de Patagonie prennent place dans une région tempérée, de faibles changements de température peuvent entraîner des modifications considérables, quand bien même le taux de précipitations est élevé.» Les glaciers fondent, le niveau de la mer monte, mais le bonheur de les avoir vus au moins une fois dans sa vie résiste à tout.

Frédéric Rein

Dans le monde des gauchos

Autre décor typique de la Patagonie: la pampa. C’est dans ces vastes plaines fertiles que travaillent les gauchos. L’histoire de ces gardiens de troupeaux sud-américains, souvent métis (Indiens, Portugais ou Espagnols), débute au XVIIe siècle, alors qu’il y avait beaucoup de chevaux sauvages et de bovins. Cow-boys de mauvaise réputation jusqu’au XIXe siècle, ils n’ont acquis leur statut de héros que durant les guerres d’indépendance, s’alliant aux armées de libération. Depuis, ils véhiculent l’image du guerrier sans faille dans l’imaginaire collectif. A partir du XIXe siècle, ils ont toutefois commencé à se faire désarçonner par les… moutons importés d’Allemagne, qui ramènent plus d’argent que les bœufs! Et, avec l’apparition du fil de fer barbelé et du marquage des bovidés, la liberté dans la pampa a pris du plomb dans l’aile. D’autant plus que, en 1856, le gouvernement a décidé de vendre une partie des territoires des gauchos. Obligés de s’installer, ces derniers construisirent les premières estancias, grandes exploitations agricoles consacrées aux ovins et aux bovins, sur lesquelles ils veillent aujourd’hui à cheval ou en … 4x4! Ces «ranchs» sont désormais souvent transformés, totalement ou partiellement, en hôtels de charme.

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