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La télépathie pour mieux comprendre son animal

Fabienne Maillefer, pionnière romande, enseigne la communication animale depuis 2004, aussi en utilisant son troupeau d'ânes. © Corinne Cuendet

L’offre de « télépathes » animaliers connaît un fort essor, sans être garante de sérieux. Conseils d’une pionnière romande pour choisir le bon interprète animalier.

Toujours plus de propriétaires d’animaux recourent à des communicateurs animaliers, une profession en plein essor en Suisse romande. Et si la pratique de cette télépathie en laisse encore plus d’un sceptique, un nombre accru de professionnels collaborent avec ces interprètes animaliers, et/ou se forment eux-mêmes. Dont Walter Villiger, vétérinaire à Monthey : « Cette formation complémentaire m’aide à mieux comprendre l’animal, ses problèmes de santé et besoins, notamment quand il faut décider d’une euthanasie. Pour les cas complexes, j’envoie les propriétaires à des communicateurs plus expérimentés.» «Cela n’a rien du charlatanisme, dit Wolfgang Uebersax, vétérinaire à Bellevue (GE), président de la Société genevoise des vétérinaires. C’est un moyen complémentaire pour contribuer au bien-être de l’animal, au même titre que l’ostéopathie. »

Ni guérisseurs, ni éducateurs

« Pour entrer en communication à distance avec les animaux, les interprètes animaliers travaillent en général avec une photo de l’animal, dont ils n’ont que le nom et l’âge, et se mettent dans un état méditatif », explique Fabienne Maillefer, communicatrice à Oppens (VD). Selon sa sensibilité, le communicateur reçoit alors la réponse de l’animal sous forme de mots, images, sons, goûts, odeurs et sensations de douleur.

 

 

Avec la Genevoise Vana Tatti, Fabienne Maillefer fut la première Romande interprète animalière au début des années 2000. Et la première à enseigner cet « art », comme elle l’appelle, selon sa propre méthode pédagogique dès 2004. Une formation de 250 heures de cours, déjà suivis par 2500 personnes en Suisse et en France.

« La communication animale permet de mieux comprendre son animal, ses besoins. Ou de le préparer à un stress et de l’aider lorsqu’il est malade ou en fin de vie, explique l’enseignante. Nous pouvons ainsi donner des pistes au propriétaire, au vétérinaire pour chercher l’origine d’un problème. Mais avant toute communication, il faut consulter son vétérinaire. En aucun cas, un communicateur ne peut prétendre soigner l’animal !, souligne-t-elle. Et nous ne pouvons faire changer de comportement à un animal, tel un chien agressif, comme on me le demande souvent.»

Critères de choix

« La profession n’étant pas protégée, on peut se dire communicateur professionnel après quelques jours de cours, ou une formation par correspondance », note Fabienne Maillefer. Une aubaine pour certains opportunistes voulant profiter de l’effet de mode pour gagner de l’argent rapidement. «Il faudrait un organisme qui répertorie les communicateurs et les cours sérieux, au vu de leur essor», estime ainsi Jean-Gabriel Mottier d’Aigle, président de la Société vaudoise des vétérinaires. Quelques points cruciaux pour faire votre choix:

Formation

  • Quelle est sa formation (preuves) et son expérience, sa méthode, s’il enseigne lui-même ?

Connaissances

  • A-t-il des connaissances des animaux (physiologie, psychologie) avec lesquels il communique ?

Éthique

  • A-t-il une charte éthique et travaille-t-il avec un bon réseau (vétérinaires, éducateurs canins, etc.) ?

Maturité

  • A-t-il des connaissances en psychologie humaine et la maturité, indispensables, pour la relation avec ses clients ?

Validation

  • Fournit-il au moins une dizaine d’éléments objectifs de validation quand il restitue la communication au propriétaire (description physique et âge du propriétaire, lieu de vie, jeu préféré de l’animal, etc.) ?

Contact direct

  • A-t-il un contact direct avec le propriétaire ou se contente-t-il d’échanges par e-mail, insuffisants pour s’assurer que le message transmis est bien compris ?

Solutions

  • Propose-t-il des solutions raisonnables ? Un communicateur sérieux ne vous conseillera jamais de changer de canapé si votre chat fait pipi dessus (!), ni n’incitera à laisser souffrir inutilement un animal, sous prétexte qu’il aurait affirmé vouloir mourir naturellement !

Devant un art qui suscite, légitimement, des questions, dernière règle qui vaille : le rapport de confiance et le mieux-être potentiel que vous trouverez, vous et votre animal, après une séance de communication.

Ellen Weigand

Les clés d’un bon communicateur

  • Formation solide et plusieurs années d’expérience
  • Contact direct avec le client

  • Exige une visite vétérinaire avant d’entrer en communication

 

Témoignages et test

Femme de ménage voleuse

Faire l’expérience d’une communication animale est le meilleur moyen pour s’en faire une idée plus concrète. Lors de l’interview de Fabienne Maillefer, nous l’avons donc testée, en lui demandant de façon impromptue de «parler» avec le chat de notre photographe Corinne Cuendet. Alors qu’en général les communicateurs travaillent avec une photo de l’animal, et doivent se mettre en état méditatif, la Vaudoise elle, peut se «brancher» directement et sans information préalable. Elle a ainsi décrit immédiatement non seulement l’apparence exacte du chat, mais encore des traits précis de son caractère, ainsi que son lieu de vie et d’autres détails, dont certains plutôt intimes, et connus de sa seule propriétaire.

Wolfgang Uebersax, vétérinaire à Bellevue (GE) et président de la Société genevoise des vétérinaires a aussi vécu des communications surprenantes. «J’ai notamment eu recours à Vana Tatti, car mon chien avait changé d’attitude. Elle m’a rapporté des détails vraiment précis: que ma femme de ménage de l’époque était étrangère – en effet – et qu’elle tapait mon chien avec l’aspirateur – d’où son comportement anormal – et qu'elle volait des sous-vêtements – en effet disparus – et enfin, qu’elle regardait une chaîne de télé étrangère. J’ai voulu en avoir le cœur net et suis rentré plus tôt un jour: le téléviseur était chaud et réglé sur une chaîne étrangère que je ne regarde jamais! Après qu’elle ait admis les faits, je l’ai licenciée. Depuis mon chien va de nouveau bien.»

En savoir plus :

A lire: La communication animale, une rencontre d'âme à âme", de Fabienne Maillefer, éditions BoD, décembre 2015.

Sur le web: www.communicationanimale.org ; www.animalconnection.ch.

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