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Faites le tri dans vos assurances et économisez!

dessin: © Kormann

Les diverses assurances que nous contractons ont un coût assez important. Mode d’emploi pour essayer d’être couvert au mieux sans trop dépenser.

Elles ont le mérite de nous (r)assurer mais l’inconvénient de coûter cher.  «Bien qu’un très grand nombre d’assurances ne soient pas obligatoires, les Suisses ont la réputation d’être sur-assurés, note Valérie Muster, responsable de la permanence de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Au point de se retrouver parfois doublement assurés, ce qui est légal pour la plupart des assurances facultatives, mais ne permet généralement pas d’obtenir deux fois la somme assurée si le risque survient.»

Pour éviter ces doublons, aussi bien Grégoire Fracheboud, agent général à AXA Winterthur que son homologue Philippe Paillard, de La Mobilière, préconisent de s’attacher les services d’un conseiller. «Il ne faut pas hésiter, d’autant que c’est gratuit auprès des assureurs privés», insiste Philippe Paillard. Comment le choisir? Il faudrait qu’il soit inscrit au registre des intermédiaires Finma, qui atteste d’une formation de base. «En outre, depuis le 1er janvier de cette année, les conseillers de la plupart des compagnies ont l’obligation de suivre une formation continue qui atteste de leurs compétences.

 

Pour être sûr d’avoir affaire à quelqu’un digne de confiance, «il faut lui demander sa carte Cicero», conseille Grégoire Fracheboud. Avoir toutes ses assurances auprès de la même compagnie permet aussi au client
de payer moins cher, économies d’échelle obligent. Les seniors, quant à eux, ont parfois droit à des primes un peu plus basses, notamment en ce qui concerne la RC privée ou la couverture juridique, alors que, si on en a les moyens, payer ses primes en une seule fois évite des frais. Dans un milieu où comparaison est presque raison, nous avons disséqué les principales assurances pour essayer de trouver comment faire des économies.

Frédéric Rein

Ne pas sacrifier les assurances les plus importantes

Sacrifier certaines de ses assurances sur l’autel des économies n’est pas toujours un bon calcul, car on peut vite se mettre en danger financièrement. En tête des assurances utiles et non obligatoires, Grégoire Fracheboud, agent général à AXA Winterthur, mettrait la RC/ménage, qui couvre les dommages causés à autrui par un membre du ménage et la protection de ses biens. L’assurance maladie complémentaire devrait également faire partie des priorités. L’assurance vie ne doit pas non plus être oubliée. «Dans les deux ans qui suivent une maladie ou un accident, la plupart des salariés reçoivent en moyenne 80 % de leur salaire via l’assurance perte de gain, mais, après, si l’incapacité de travail se poursuit, cela peut baisser à 60 %, argumente Grégoire Fracheboud. Si on en a la capacité financière, cela vaut la peine de contracter une rente d’invalidité. »

FAITES LE POINT SUR VOS ASSURANCES

L’assurance maladie obligatoire

L’équation est assez simple, puisque le catalogue des prestations est le même partout, quel que soit son âge et son état de santé. En revanche, les primes varient, parfois du simple au triple! Il convient donc de les comparer (sur priminfo.ch), chaque automne, et d’en changer si nécessaire. Un autre moyen de faire des économies consiste à prendre des modèles alternatifs (médecin de famille, etc.), qui peuvent toutefois s’avérer contraignants, ou à choisir la franchise la plus adaptée. «Les franchises les plus rentables sont celles à 300 francs si les frais annuels sont supérieurs à 1900 francs et 2500 francs s’ils sont inférieurs», précise Valérie Muster.   

L’assurance maladie complémentaire

Ici, la tâche se complique, car ces assurances regroupent des domaines divers: médecine naturelle, dentaire, etc. Il est important de vérifier ce qui est couvert et à concurrence de quel montant. «L’un des plus gros risques réside dans les mauvais conseils prodigués par certains courtiers, constate Valérie Muster. Après leur passage, des gens se retrouvent doublement assurés, parce que ces derniers n’ont pas pris la peine de regarder quand prenait fin la couverture actuelle. Parfois, aussi, des assurances complémentaires sont ajoutées sans que l’assuré s’en aperçoive. S’agissant de l’assurance hospitalisation privée, il faut être attentif aux paliers qui entraîneront des augmentations. Il n’est pas rare que, à un certain âge, les augmentations soient telles qu’un senior n’ait d’autre choix que de résilier, alors qu’il cotise depuis 40 ans !» D’où l’importance de vérifier son portefeuille d’assurances et les dates d’échéance de chacune d’elles.

L’assurance RC/ménage

Comparer reste le mot d’ordre, car les assurances adaptent régulièrement leurs primes et leurs produits. «Si aucune compagnie ne se démarque (il faut être très vigilant aux exclusions), il est conseillé de regrouper ses assurances auprès du même assureur, préconise Valérie Muster. Un portefeuille étoffé permet souvent d’être traité avec plus de souplesse en cas de sinistre.» Où se cache le risque d’être surassuré? «Lorsqu’on se met en ménage, il ne sert à rien que chacun garde son assurance ménage et son assurance RC. De plus en plus souvent, aussi, lors d’achat d’objets (smartphone, skis, vélo), des assurances vol spécifiques sont proposées. Cela vaut donc la peine de vérifier dans les conditions de son assurance ménage si le risque et/ou la valeur assurée sont plus ou moins identiques à ce qu’on a déjà. Et si l’on a une protection juridique, il n’est pas utile de conclure une assurances protection juridique spécifique via d’autres assurances. »

L’assurance automobile

En Suisse, la RC automobile est obligatoire, la casco pas, sauf en cas de leasing. Concernant la casco, la franchise et les sous-produits (assurances parc, vol, etc.) vont influencer la prime. Quand passer d’une casco totale à une partielle? La question se pose entre sept et dix ans après la mise en circulation du véhicule, mais la réponse dépendra surtout de la capacité financière de la personne à assumer les frais d’un dommage. «En matière de surassurance, il faut veiller à ce que la couverture vol des objets à l’intérieur du véhicule ne fasse pas doublon avec la couverture ménage», insiste Valérie Muster. Et, si l’on est sûr à 100 % de ne pas transporter des étrangers, cela vaudrait la peine de réfléchir à deux fois avant de contracter une assurance occupants, même si celle-ci inclut un capital décès qui peut s’avérer utile.

L’assurance annulation voyage

Parfois, on doit annuler un voyage à la dernière minute (décès d’un proche, perte d’emploi, etc.). C’est là qu’intervient l’assurance annulation voyage, qui peut être conclue au coup par coup ou à l’année (plus avantageux si l’on voyage souvent). Il faut toutefois savoir que les titulaires d’une carte de crédit disposent d’office d’une protection, mais uniquement si le vol en avion ou l’hôtel est payé par le biais de ladite carte. Pourquoi prendre une assurance voyage, comme par exemple le livret ETI du TCS ? « Ce sont deux produits très différents, rétorque Yves Gerber, son porte-parole. Outre les frais d’annulation, nos prestations sont axées sur l’assistance, médicale (maladie, accident) ou logistique (secours routier, etc.). Il s’agit d’un véritable accompagnement — également valable pour les trajets en voiture — qui comprend aussi une protection juridique à l’étranger.»

L’assurance juridique

Une personne sur cinq possède une telle assurance. En couvrant les frais d’avocat de ses assurés et en les soutenant durant leur affaire, elle leur permet de faire valoir leurs droits lors d’un litige. «Il faut s’assurer que cela couvre bien le risque souhaité, rappelle la juriste de la FRC. Généralement, des thématiques comme le divorce et les constructions avec autorisation sont exclues ou ne donnent lieu qu’à des conseils. Il faut aussi souvent conclure un complément pour le risque immobilier.» En outre, un délai de carence de trois mois est en principe imposé et le choix de l’avocat limité. «Le risque de doublon partiel est présent, car des protections juridiques spécifiques sont de plus en plus souvent proposées par des branches professionnelles ou d’autres assurances.»

L’assurance animaux

En matière de coûts et de technologie, la médecine vétérinaire suit de près la médecine humaine. «Ne pas avoir d’assurance peut conduire à des situations douloureuses, car une maladie chronique engendre vite des frais dépassant les 15 000 francs, alors que le prix pour une patte cassée tourne autour de 3000 francs, prévient Olivier Grangier, membre de la direction d’Epona, assurance animalière. Depuis trois ans, notre société possède une croissance globale de plus de 10 % par année.» Chez cet assureur, les primes pour des couvertures de base, «qui assurent déjà bien les gros cas», débutent à 4 francs 90 par mois pour un chat et à 9 francs 90 pour un chien.

L’extension de garantie

Comme il existe une garantie légale du vendeur durant les deux premières années après l’achat, la question ne se pose généralement qu’une fois ce délai dépassé. «Sauf, éventuellement, s’il y a des prestations non prises en charge par cette garantie comme, par exemple, un objet de remplacement lors d’une réparation», explique Valérie Muster. Quand faut-il opter pour une extension ? «Cela dépend de la valeur du bien et du prix de l’extension, car ce n’est pas pareil de payer 50 francs par mois ou par an.»

 

 

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